- Sur cette page
- Portraits intimes des hommes du bordeaux - Jean-Marc Koch
- La gouvernance des terroirs du vin - Jean-Claude
Hinnewinkel
- Le marché des réputations - Pierre-Marie
Chauvin
- Le marché de l'excellence - Marie-France
Garcia-Parpet
- In Vino Satanas! - Denis Saverot & Benoist
Simmat
- Choses bues - Jacques Dupont
- C'est du vin... et alors? - Roland Lecarpentier
- Mondialisation des vins - Jean Clavel
- L'Inconnu de Bordeaux - Roland Feredj
- Le goût et le pouvoir - Jonathan Nossiter
- O.P.A. sur la viticulture - Roland Feredj
- Pourriture Noble - William Echikson
- Le Monde du Vin a-t-il perdu la raison ? -
Guy Renvoisé
- La Bouillie Bordelaise - Bernard Ginestet
- Autres livres....
-
« Portraits intimes des hommes du bordeaux » de Jean-Marc Koch
Editions Féret 2011, relié 120 p, 29,90 €
 
|
Jean-Marc Koch connaît bien le monde du vin bordelais puisqu'il
a passé plus de vingt ans à la direction marketing
du Conseil Interprofessionnel
du Vin de Bordeaux. Avec Portraits
intimes, il nous propose une petite vingtaine de portraits de
personnalités,
choisies « parce qu'ils ont fait avancer Bordeaux ».
On y trouve principalement des
responsables d'instances viticoles
comme Jean-Paul Jauffret, des grands dirigeants de domaine comme
André Lurton
ou Jean-Michel Cazes, mais aussi
un journaliste (Bernard Sirot),
un cuisinier (Michel Portos), .
Dans ses portraits, l'auteur se concentre sur la carrière,
le parcours professionnel tout en cherchant à livrer des éléments
de la personnalité de chacun. En revanche, il n'y a que très
peu de considérations onologiques : par exemple le portrait
de Denis Dubourdieu ne parle guère de son approche du vin
et si Alain Moueix parle de la biodynamie, cela reste au niveau de
grandes généralités.
Ce type de portraits pourra dérouter les oenophiles avides
de détails sur leurs vins préférés et
sur la philosophie de leurs créateurs. En revanche, le livre
de Jean-Marc Koch intéressera sans aucun doute tous les connaisseurs
du monde du vin à Bordeaux. |
« La gouvernance des terroirs du vin » de Jean-Claude Hinnewinkel
Editions Féret 2010, broché 360
p, 44,50 €
Présentation
de l'éditeur :
La gouvernance des vignobles est une question d'actualité comme
ce fut le cas à la fin du XIXe siècle et au début
du XXe siècle lors de la crise qui devait accoucher des premières
lois sur les appellations d'origine. |

|
Les débats qui se sont déroulés au cours
de ce colloque offrent une synthèse remarquable sur la façon
dont les travaux de sciences humaines et sociales sont susceptibles
d'éclairer les problèmes qui perturbent aujourd'hui
le monde viticole.
Dans une première partie sont présentés la
problématique et les principaux concepts et notions mobilisés
: l'espace de la gouvernance, la gouvernance territoriale et la qualité d'une
production agricole.La seconde partie a pour objectif de contextualiser
cette problématique de la bonne échelle de la gouvernance
des terroirs vitivinicoles en exposant les principaux points de la
réforme de l'INAO, et en fournissant des points de comparaison
avec d'autres gouvernances en France et en Europe.
Avec la troisième partie, les horizons géographiques
s'élargissent en offrant des points de repères sur
les modes de gestion des nouveaux concurrents de la planète
des vins. Puis une diversification scientifique des approches donne
la parole à différentes composantes des sciences humaines
et sociales pour donner des pistes de réflexion sur l'avenir
des terroirs dans la mondialisation. La quatrième partie présente
des études de cas choisies dans les vignobles traditionnels
du Sud-Ouest. |
| Cet ouvrage présente
ainsi une série de mises au point sur les situations de nombreux
vignobles, localisés en France et ailleurs dans le monde.
Il développe et répond à plusieurs questions
fondamentales. Quelle expertise est-on en mesure de faire à propos
des crises de la vigne et du vin, de nos jours ? Quelles sont, en
matière de gouvernance, territoriale ou de filière,
les mesures efficaces prises pour les contrer ? Comment envisager,
par le truchement de mesures de gouvernance appropriées, une
durabilité du développement social, économique
et environnemental des vignobles ?
Ce livre s'adresse en priorité aux professionnels de la
vigne et du vin (responsables syndicaux, membres des interprofessions,
animateurs de pays viticoles,...), et passionnera sans aucun doute
les chercheurs et étudiants concernés par la filière
ainsi que les acteurs politiques des régions viticoles. |
« Le marché des réputations : une sociologie du monde des vins de Bordeaux »
de Pierre-Marie Chauvin - Editions Féret
2010, broché 268 p, 39 €
Chercheur en sociologie économique,
Pierre-Marie Chauvin se penche sur le fonctionnement du marché des
vins de Bordeaux et, plus précisément, sur la construction
de la réputation dans ses différentes formes. |

|
L'auteur débute son analyse par les fondations, en l'occurrence
le classement de 1855, principalement par l'observation précise
de la révision de 1973. Il poursuit par l'étude des
mécanismes qui permettent de fixer un prix : c'est la
campagne des primeurs 2007 qui lui sert de champ d'étude pour
en observer les facteurs, avec bien entendu l'importance des critiques
vinicoles, et les enjeux. Enfin, il se penche sur la construction
de la signature avec une fine analyse du rôle des consultants.
Cette dernière partie est particulièrement intéressante.
Objet d'une thèse de sociologie, cette étude est particulièrement
précise et complète. Pierre-Marie Chauvin se place à la
bonne distance, ni trop loin, ni trop près : il connait
suffisamment bien le monde du vin pour en saisir toutes les nuances
et toutes les influences et, en même temps, il sait garder
un recul suffisant pour analyser et étudier sans attitude
partisane.
Par une coïncidence du calendrier, ce livre sort à un
moment où la campagne des primeurs 2009 est allée encore
plus loin dans l'excès. L'étude de Pierre-Marie Chauvin
apporte un éclairage sur ce négoce bordelais qui semble être
en roue libre. Son livre est incontestablement la meilleure étude
sur le marché bordelais parue à ce jour. |
« Le marché de l'excellence » de Marie-France Garcia-Parpet
Editions Seuil 2009, broché 272 p, 20 €
Marie-France Garcia-Parpet est chercheur à l’INRA.
Son ouvrage Le marché de l’excellence est sous
titré Les grands crus à l’épreuve
de la mondialisation. Ce titre pourrait laisser penser qu’il
s’agit d’une analyse de la frange supérieure du
marché du vin mais son étude est en fait plus générale
: comment le monde viticole français tente t-il actuellement
de garder la place de choix qu’il a longtemps occupée
seul ? L’auteur propose une approche sociologique, avec les
producteurs au premier plan des agents économiques, pour expliquer
la situation économique. |
| L’ouvrage comporte trois grands volets : l’observation
du monde viticole ancré dans la tradition (le sujet pris pour
cette partie de l’étude étant l’appellation
Chinon et le salon des vins de Loire), l’irruption des vins
du Nouveau Monde et des grands prescripteurs et enfin l’analyse
d’une région en pleine transformation, le Languedoc.
L’analyse sociologique porte surtout sur les producteurs et
parfois les autres agents économiques de la filière,
la dimension oenophile étant laissée de côté (avec
toutefois un portrait de François Audouze, qui est certes à classer
parmi les grands amateurs mais qui est assez unique en son genre).
De même, la demande pour des vins biologiques, sans doute trop
récente et encore marginale, n’est pas prise en compte.
Le regard peut paraître très global et général
mais dans la partie où l’auteur se penche sur le Languedoc,
l’analyse est à la fois plus fine et plus actuelle.
C’est incontestablement cette partie de l’étude
de Marie-France Garcia-Parpet qui est la plus intéressante.
L’ouvrage dans sa totalité intéressera aussi
certainement à toute personne étrangère au monde
du vin soucieuse d’en comprendre les mécanismes et les
fondements sociaux.
|

|
« In Vino Satanas! » de Denis Saverot & Benoist Simmat
Editions Albin Michel 2008, broché 250
p, 16 €
Les auteurs d’In Vino Satanas se penchent
sur ce paradoxe : alors que le vin français conserve toute
son aura à l’étranger, son image semble se dégrader
en France et il doit faire face à des attaques de plus en
plus nombreuses. Denis Saverot est bien connu des amateurs de vin
en tant que rédacteur en chef de La Revue du Vin de France et
Benoist Simmat est reporter au service économique du Journal
du Dimanche. |

|
Le vin serait-il devenu politiquement incorrect ? Pourquoi la
France semble t-elle vouloir tourner le dos à sa culture de
plaisir ? Telles sont les questions que pose ce livre où les
auteurs mettent en avant les signes de cette dérive.
Si certaines pages un peu "people" pourront paraître à certains
lecteurs un peu inutiles (description de repas fastueux dans le bordelais),
Denis Saverot et Benoist Simmat abordent par ailleurs bon nombre
de sujets : les excès de la lutte contre l’alcoolisme,
la diabolisation du plaisir, les dégustations des primeurs
bordelais, les classements et leurs révisions, l’influence
de Robert Parker et des autres critiques, l’uniformisation
du goût, le fonctionnement du marché gris des très
grands crus.
Sur tous ces sujets, ils apportent une analyse à la fois
pertinente et claire, sans parti pris polémiste trop marqué. In
Vino Satanas est ainsi un livre particulièrement intéressant
pour l’amateur de vins. Il donne une bonne vision de l’état
du marché du vin en France et pose de bonnes questions sur
l’évolution de notre société. |
« Choses bues » de Jacques Dupont
Editions Grasset 2008, broché 306 p, 18,50 €
Jacques Dupont est un dégustateur/chroniqueur bien connu
des amateurs de vins. Ses écrits dans l’hebdomadaire Le
Point sont toujours parmi les plus intéressants qui soient
; personnellement, je ne rate jamais ses numéros spéciaux,
toujours passionnants.
Choses Bues est un livre assez personnel où il nous
raconte son étroite relation au vin. Celle-ci débute
par son attirance pour les arômes pour se prolonger avec les
rencontres et les personnes qu’il a côtoyées et
qui l’ont marqué. Ces émotions, ils nous les
fait partager et par la même l’essence de son amour pour
le vin. Son recul, sa vision du monde du vin sont pour nous, amateurs,
particulièrement enrichissants car sa vision paraît
toujours s’être re-concentrée sur l’essentiel.
Jacques Dupont a toujours été quelqu’un qui
n’hésite pas à sortir des entiers battus et son
livre est à son image, c'est-à-dire loin de tout formatage. Choses
Bues n’est pas un livre pamphlet de plus qui dénonce
la dérive du monde du vin et avance toute une série
de remèdes ; non, c’est un livre très authentique
dans lequel on se laisse glisser avec plaisir.
Un vrai livre d’amateur de vin…
|

|
« C'est du vin... et alors? - Dico incorrect du Vin » de Roland Lecarpentier
Editions Timée-Editions 2008, broché 208
p, 17 €

|
Roland Lecarpentier connaît très bien le monde du
vin : il a été entre autres sommelier, caviste, responsable
de clientèle dans une grande marque. Dans son Dico Incorrect
du Vin, il nous livre dans un style très enlevé ses
réflexions et sa vision du vin ; il en profite pour casser
quelques idées reçues.
En guise d’introduction, il nous raconte avec beaucoup d’humour
ses premiers pas dans le vin en école hôtelière.
Roland Lecarpentier a incontestablement un style et des talents de
conteur, son récit (hélas trop court) est à la
fois très amusant mais surtout édifiant…!
Ensuite, l’essentiel du livre se présente comme un
petit dictionnaire, mais cette forme est surtout un prétexte
pour aborder le maximum de sujets différents. Donc pas définition
scolaire mais des réflexions, des analyses agrémentées
ici et là de jolis jeux de mots et de nombreux traits d’humour.
Avec C’est du vin et alors ? Roland Carpentier nous prouve
que le vin, ça n’est pas triste mais au-delà de
l’humour, le fond est très intéressant car l’auteur
possède une vision claire du monde du vin ; il a des prises
de position nettes (que, personnellement, je partage pour la grande
majorité, soit-dit en passant). |
Très facile et plaisant à lire, c’est
un livre que je recommande à tous les amateurs de (bons) vins. |
« Mondialisation des vins » de Jean Clavel
Editions Féret 2008, broché 190
p, 19 €

|
Jean Clavel est une personnalité bien connue dans le monde
du vin : vigneron du Domaine Clavel, il a aussi assuré la
direction du Syndicat des Coteaux du Languedoc pendant 17 ans, jusqu’en
1993, puis d’un syndicat communal jusqu’en 2003. Du fait
de sa connaissance des instances générales et sa bonne
maîtrise des différents concepts, son regard sur le
monde du vin est des plus intéressants.
Il nous propose ici un certain éclairage sur l’évolution
actuelle du monde du vin, une évolution marquée par
la mondialisation des échanges alors que la viticulture française
reste toujours ancrée dans une structure de type familiale.
La situation viticole mondiale, européenne, française
est très complexe et son ouvrage aide à avoir une vision
un peu plus claire de ses composantes et des obstacles à son
adaptation.
Jean Clavel part du contexte mondial pour se concentrer ensuite
sur l’Europe puis sur la France. Il nous livre à la
fois une analyse de l’état des lieux et des voies de
réforme pour ne pas subir une évolution qui ferait
disparaître la qualité de la production viticole française.
Ecrit de l’intérieur par un homme de conviction, son
ouvrage est un livre engagé dont la lecture est éclairante
: elle aide à se frayer un chemin dans la complexité de
la situation actuelle. Mondialisation des Vins intéressera
en premier tous les professionnels du vin bien entendu, mais aussi
les amateurs qui cherchent à avoir une vision large et complète
du monde du vin. |
« L'inconnu de Bordeaux » de Roland Feredj
Editions Féret 2008, broché 64 p,
12,50 €
Après O.P.A.
sur la Viticulture, Roland Feredj nous propose un court essai
sur le milieu professionnel du vin à Bordeaux et son environnement
politique local. Après avoir souligné les atouts
du secteur du vin à Bordeaux, il met en relief les éléments économiques
et sociaux qui influent sur son évolution, le poids de la
presse locale, le manque de vision des décideurs politiques
bordelais sur la filière du vin.
Ecrit peu avant les élections municipales et cantonales de
mars 2008, son texte acquiert donc une résonance toute particulière
mais sa portée dépasse ce simple cadre temporel et
géographique : Bordeaux est, avec la Champagne, la région
de France où le vin tient la plus grande place dans le tissu économique
régional et l'exemple bordelais est sans aucun doute emblématique.
Lire aussi du même auteur : O.P.A.
sur la Viticulture - Voir le site
internet de l'éditeur |

|
« Le goût et le pouvoir » de Jonathan Nossiter
Editions Grasset 2007, broché 412 p, 19,50 €
Jonathan Nossiter est, comme chacun sait, le réalisateur
de Mondovino, film
qui eut l’effet d’une véritable tornade dans le
monde du vin, occasionnant des réactions souvent très
vives et tranchées de nombreux professionnels et amateurs. Le
Goût et le Pouvoir est un livre plus personnel où il
expose sa conception du vin et en profite pour régler quelques
comptes au passage. |

|
Le livre débute sur un registre assez anecdotique avec
de nombreux apartés (sur le cinéma notamment, ce qui
n’est pas inintéressant d’ailleurs), il raconte
comment il a piégé son caviste favori, ses déceptions
dans quelques restaurants parisiens à la mode, etc... Le ton
est léger mais le discours reste, il faut bien l'avouer, au
niveau de l'anodin. Il entre plus dans le vif du sujet à partir
du milieu de l’ouvrage, nous relatant quelques dégustations
de façon vivante et édifiante, nous permettant de vivre
la rencontre avec quelques vignerons de talent et un grand sommelier
(Gérard Margeon, une entrevue assez passionnante).
Ces dégustations et rencontres sont l’occasion pour
Jonathan Nossiter de dire et redire son aversion pour les vins modernes.
Si globalement on ne peut qu’être d’accord avec
lui quand il fustige les vins racoleurs, confiturés et concentrés à l’extrême,
il a tout de même une fâcheuse tendance à être
jusqu’au-boutiste et intransigeant. On peut aussi regretter
qu’il fasse une telle fixation sur Robert Parker…
En adoptant un angle d’approche assez original et en utilisant
un ton très libre, Jonathan Nossiter rend son livre intéressant.
Ses prises de position assez radicales nous fournissent matière à réflexion
ce qui, au delà des polémiques, est assez essentiel.
Il s’adresse avant tout aux amateurs un tant soit peu familiarisés
avec le monde de vin. |
| Note
: ce livre est également disponible en édition de poche à 7
euros (Ed. LGF 2009)
Lire aussi : la critique de Mondovino et
celle de Mondovino,
la série |
« O.P.A. sur la viticulture » de Roland Feredj
Editions Féret 2007, broché 96 p, 18 €

|
Le monde professionnel viticole, Roland Feredj le connaît
bien : diplômé de la filière, il est également
directeur d’une interprofession de premier plan et maire d’une
commune viticole de l’Entre-Deux-Mers. Avec ce fascicule d’une
petite centaine de pages, il nous offre sa vision de l’organisation
de la profession à l’heure où certaines nouvelles
lois tentent de la réformer, une vision qu'il situe lui-même « entre
fatalité et espoir ».
Avec verve et non sans humour, il décrit l’environnement
de l’économie viticole, les organismes qui la structurent
et les personnes qui l’animent, depuis les fonctionnaires jusqu’aux
journalistes et aux consommateurs. Il analyse les évolutions
en cours, ces réformes qui peuvent constituer un véritable
bouleversement, au premier rang desquelles se trouvent les ODG (Organismes
de Gestion) et les CB (Comité de Bassin). L’auteur reconnaît
les bienfaits que peuvent avoir ces réformes mais au final
y voit un renforcement du contrôle de l’Etat. |
L’intérêt du livre de Roland Feredj
est qu’il parvient à dépasser le stade du pamphlet
pour proposer une analyse assez sereine de la structuration actuelle
du monde viticole et des réformes en cours. C’est assurément
celle d’un homme ancré dans la profession et dont l’attachement
profond au monde viticole est patent au fil des pages. Ce petit livre
intéressera en premier les membres de la profession, bien
entendu; pour un amateur de vins, la lecture peut être un peu
plus nébuleuse par moments mais cette vision d'un grand professionnel
se révèle au final enrichissante. |
« Pourriture Noble - Révolution dans les vins de Bordeaux »
de William Echikson - Editions Grasset 2005, broché 426
p, 19,50 €

|
William Echikson est un journaliste américain en poste à Bruxelles,
spécialisé dans le vin et la gastronomie. Dans ce livre,
il nous présente les grands moments ou les affaires qui ont
marqué le monde bordelais du vin ces dernières années
et par là même, nous expose sa vision du marché actuel
du vin de Bordeaux.
Débutant assez classiquement par la sortie en primeur du
millésime 2000, William Echikson enchaîne nombre de
sujets très actuels ou qui ont marqué l'histoire des
vins de Bordeaux : le rôle des courtiers (essentiellement Jeffrey
Davies), celui de Parker, de Michel Rolland, les vins de garage,
Philippe de Rothschild, la bataille juridique autour d'Yquem, etc...
L'auteur nous fait vivre ces évènements de l'intérieur,
récits visiblement issus de nombreuses interviews (du moins
on l'espère...).
La vision de William Echikson est intéressante dans le sens
où il apporte un regard extérieur car bien que connaissant
parfaitement la France, il conserve sa culture anglo-saxonne. Sa
vision est essentiellement moderniste, sorte de pendant à Mondovino
(souvent excessif dans l'autre sens...), une vision non dénuée
de parti-pris. Sa vision est aussi très centrée sur
le marché américain, mais il faut garder à l'esprit
que ce livre a été initialement édité aux
Etats-Unis. Il s'agit ici d'une traduction. |
Mais que l'on adhère ou pas totalement à cette
vision (personnellement, je n'y adhère pas), le livre reste
très intéressant à lire : c'est un récit
vivant et remarquablement écrit. Au final, il nous donne un état
des lieux vu d'un oeil plutôt moderniste et extérieur, et permet à nous,
amateurs, de mieux comprendre les tenants et aboutissants des changements
qui s'opèrent dans le monde actuel du vin et les alternatives
qui s'offrent à leurs différents acteurs. |
« Le monde du vin a-t-il perdu la raison? » par Guy Renvoisé
Editions du Rouergue 2004, broché 380p,
29 €

|
Reprenant le schéma de son livre précédent « Le
Monde du Vin: Art of Bluff » sorti dix ans plus tôt,
Guy Renvoisé part en guerre contre toutes les pratiques et
usages qu'il juge injustifiés. Et rien ni personne n'est épargné...
Pratiques culturales, vinification, commercialisation, Guy Renvoisé tape
sur tout ce qui bouge, et il y a certes des moments où l'on
a envie d'applaudir des deux mains. Cependant, au fil des pages,
on finit par s'interroger devant l'absence totale du moindre élément
positif, du moindre rayon de soleil dans ce tableau sinistre.
Il faut attendre la seconde partie du livre, où l'auteur
passe en revue les différentes régions viticoles françaises,
pour percevoir tout son intérêt pour le monde du vin
et notamment sa grande connaissance de la Bourgogne. Toutes les appellations
françaises sont passées en revue, avec les noms des
(quelques!) vignerons dignes d'intérêt selon lui. Cette
partie m'a semblé intéressante, même si les jugements
sont extrêmement tranchés...
Ce n'est certainement pas le livre idéal à offrir à une
personne attiré par le monde du vin, car ce portrait très
noir peut agir comme un repoussoir. Le désenchantement de
l'auteur est nettement perceptible. Cependant, même s'il s'y
prend de façon rude, expéditive et sans nuance, Guy
Renvoisé dit tout de même certaines choses qu'il est
bon de dire. Dans une courte conclusion, il se défend par
avance de son acrimonie en citant l'adage "qui aime bien, châtie
bien". |
« La Bouillie Bordelaise » de Bernard Ginestet
Editions Flammarion 1975, broché 241 p,
10 €
| Le récent décès de Bernard Ginestet m'a
poussé à lire ce livre dont j'ai tant entendu parler,
en me posant cette question « Comment ce livre qui fut une
petite bombe à l'époque de sa sortie peut-il être
perçu aujourd'hui ? ».
Le ton est donné dès le titre lui-même, un jeu
de mots savoureux : la bouillie bordelaise est une préparation à base
de sulfate de cuivre et il se trouve que, jusqu'au XIXè siècle,
on désignait les sulfates sous le terme de « vitriol ».
Bernard Ginestet porte donc son regard sur la profession, et ne va
pas hésiter à asperger certains de vitriol. Rappelons
qu'à cette époque, il était à la tête
de Château Margaux.
Certains passages sont étonnamment actuels : il nous parle
de la montée excessive du prix des Bordeaux, de millésimes
annoncés comme étant quasiment "du siècle" qui
se révèlent bien fades deux années plus tard,
de pratiques douteuses de coupages ou de substitutions (assez ironiquement,
le dernier scandale de ce type aujourd'hui met indirectement en cause
une maison de négoce qui porte son nom), et aussi des buveurs
d'étiquette. |

|
Pourtant, le côté "pamphlet" a
quelque peu vieilli : tant de livres ont été écrits
depuis, tant de pratiques douteuses ont été révélées
que ces écrits ne peuvent avoir le même effet explosif
aujourd'hui.
Je dois avouer avoir pris un
peu moins de plaisir à lire ce livre que je ne l'escomptais
: autant, Bernard Ginestet est excellent par moments pour narrer
certaines anecdotes dans un style truculent, autant on a parfois
l'impression qu'il étire son texte. Néanmoins, ce livre
a pris un aspect historique maintenant et ne serait-ce que dans cette
optique, il reste recommandable. |
Autres livres sur le Monde du vin :
(non lus mais certainement dignes d'intérêt)
Entre les vignes
Récits, rencontres
et réflexions
autour du vin
de
Jacques Orhon
(2011) |
France,
ton vin est
dans le rouge
de
Christophe Juarez
(2011) |
La bataille du vin
et de l'amour
Comment j'ai sauvé
le monde
de la parkerisation
de Alice Feiring
(2010) |
Le Jugement de Paris
Le jour où les vins
californiens surclassèrent
les grands crus français
de
George M. Taber
(2008) |

|

|

|

|
Le Terroir
et le Vigneron
de
Jacky Rigaux
(2006) |

|