- Sur cette page
- Ecrits Vin - Cuvée 2010 - Pierre Mora
- Le vin et l'Amour - Philippe Brenot
- Les femmes et l'amour du vin - Ségolène
Lefèvre
- Le marché de l'excellence - Marie-France
Garcia-Parpet
- In Vino Satanas! - Denis Saverot & Benoist
Simmat
- Choses bues - Jacques Dupont
- C'est du vin... et alors? - Roland Lecarpentier
- Mondialisation des vins - Jean Clavel
- L'Inconnu de Bordeaux - Roland Feredj
- Le goût et le pouvoir - Jonathan Nossiter
- O.P.A. sur la viticulture - Roland Feredj
- Le vin sur le divan - Céline Simonnet-Toussaint
- Le corps fabuleux du vin - François Huglo
- Petite philosophie de l'amateur de vin - Thierry
Tahon
- Slow Food - Carlo Petrini
- Pourriture Noble - William Echikson
- La critique vinicole en France - Jean-Luc Fernandez
- Le Monde du Vin a-t-il perdu la raison ? - Guy
Renvoisé
- Le Vin en fêtes - Marc Lagrange
- Dégustation du vin à travers la littérature
française - Kazuo Ogoura
- La Bouillie Bordelaise - Bernard Ginestet
- Du Vin - Claude Fischler
« Ecrits Vin - Cuvée 2010 » de Pierre Mora
Editions Féret 2010, broché 120 p, 18 €
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Lecture en cours... |
«
Le Vin et l'Amour » de Philippe Brenot
Editions Féret 2009, relié 168 p,
49 €
Sous-titre : « Entre littérature,
sexe et sentiments » |
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Le vin et l’amour ont de tous temps entretenus des liens
étroits. Souvent décrits avec les mêmes mots,
ces deux « ivresses des sens » se mêlent aussi bien
dans notre imaginaire que dans l’Art.
Philippe Brenot se penche avec attention sur cette connivence pour
en rechercher l’origine et les raisons. Loin d’être
superficiel (Philippe Brenot est, rappelons-le, médecin psychiatre
et dirige l’enseignement de sexologie à l’université
Paris V), son texte est une étude très intéressante
: qu’il étudie la nature des élans amoureux sous
toutes ses formes ou qu’il examine l’origine et les pratiques
de l’ivresse amoureuse, il le fait toujours avec une certaine
profondeur, notamment en s’appuyant sur les occurrences dans
la littérature et la peinture. Son texte reste toutefois très
abordable et facile à lire.
La présentation du livre est superbe : le texte est largement
illustré par des reproductions de peintures, très souvent
pleine page et même double-page. La qualité de la reproduction
est parfaite. L’ouvrage peut ainsi se feuilleter de nombreuses
fois avec toujours le même plaisir visuel. L’éditeur
fait montre, une fois de plus, d’indéniables qualités
dans l’édition de beaux livres. |
Le vin et l’amour est un très
beau livre qui procurera beaucoup de plaisir aux amoureux du vin et
aux amoureux tout court… |
«
Les femmes et l'amour du vin » de Ségolène Lefèvre
Editions Féret 2009, broché 184 p,
19 €
 |
Que ce soit dans le domaine de l’oenophilie (les amateurs
de vin) ou de l’œnologie (la création du vin), les
femmes ont été très longtemps mises à
l’écart du fait de diverses croyances sans aucun fondement
et de préjugés sociaux. Ce n’est aujourd’hui
plus le cas, les pratiques et mentalités ayant lentement évolué
depuis une trentaine d’années. Les femmes à la
tête de domaines viticoles sont de plus en plus nombreuses et
les excellentes dégustatrices le sont encore plus. Avec Les
femmes et l'amour du vin, Ségolène Lefèvre
nous propose de mieux regarder le parcours accompli. Le regard qu’elle
porte est à la fois sociologique et historique.
Ségolène Lefèvre démarre son étude
par l’analyse de l’évolution des 30 dernières
années qui a permis aux femmes d’échapper à
l’ostracisme dont elles étaient victimes, se plaçant
ainsi dans la lignée directe des quelques pionnières
à la tête de grands domaines. Puis c’est en se
penchant sur toute l’histoire du vin, depuis Babylone jusqu’au
XXe siècle, que l’ouvrage montre toute sa substance.
Cette partie historique est d’un intérêt qui va
même au-delà de son sujet car, pour bien montrer la place
de la femme dans le monde du vin à toutes ces époques,
l’auteur doit analyser et exposer l’ensemble des comportements
sociaux liés à la consommation du vin, en l’illustrant
d’exemples souvent précis. |
L’ouvrage est émaillé de courts
interviews de grandes professionnelles actuelles du vin. Leurs réponses
à quelques questions simples permettent d’appréhender
le parcours accompli et la diversité des approches. Historiquement
et sociologiquement, Les femmes et l'amour du vin est un
livre particulièrement intéressant à lire, aussi
bien pour les professionnels que pour les amateurs… qu’ils
soient hommes ou femmes d’ailleurs. |
«
Le marché de l'excellence » de Marie-France Garcia-Parpet
Editions Seuil 2009, broché 272 p, 20 €
Marie-France Garcia-Parpet est chercheur à l’INRA.
Son ouvrage Le marché de l’excellence est sous
titré Les grands crus à l’épreuve de
la mondialisation. Ce titre pourrait laisser penser qu’il
s’agit d’une analyse de la frange supérieure du
marché du vin mais son étude est en fait plus générale
: comment le monde viticole français tente t-il actuellement
de garder la place de choix qu’il a longtemps occupée
seul ? L’auteur propose une approche sociologique, avec les
producteurs au premier plan des agents économiques, pour expliquer
la situation économique. |
| L’ouvrage comporte trois grands volets : l’observation
du monde viticole ancré dans la tradition (le sujet pris pour
cette partie de l’étude étant l’appellation
Chinon et le salon des vins de Loire), l’irruption des vins
du Nouveau Monde et des grands prescripteurs et enfin l’analyse
d’une région en pleine transformation, le Languedoc.
L’analyse sociologique porte surtout sur les producteurs et
parfois les autres agents économiques de la filière,
la dimension oenophile étant laissée de côté
(avec toutefois un portrait de François Audouze, qui est certes
à classer parmi les grands amateurs mais qui est assez unique
en son genre). De même, la demande pour des vins biologiques,
sans doute trop récente et encore marginale, n’est pas
prise en compte.
Le regard peut paraître très global et général
mais dans la partie où l’auteur se penche sur le Languedoc,
l’analyse est à la fois plus fine et plus actuelle. C’est
incontestablement cette partie de l’étude de Marie-France
Garcia-Parpet qui est la plus intéressante. L’ouvrage
dans sa totalité intéressera aussi certainement à
toute personne étrangère au monde du vin soucieuse d’en
comprendre les mécanismes et les fondements sociaux.
|
 |
«
In Vino Satanas! » de Denis Saverot & Benoist Simmat
Editions Albin Michel 2008, broché 250 p,
16 €
Les auteurs d’In Vino Satanas se penchent
sur ce paradoxe : alors que le vin français conserve toute
son aura à l’étranger, son image semble se dégrader
en France et il doit faire face à des attaques de plus en plus
nombreuses. Denis Saverot est bien connu des amateurs de vin en tant
que rédacteur en chef de La Revue du Vin de France
et Benoist Simmat est reporter au service économique du Journal
du Dimanche. |
 |
Le vin serait-il devenu politiquement incorrect ? Pourquoi la
France semble t-elle vouloir tourner le dos à sa culture de
plaisir ? Telles sont les questions que pose ce livre où les
auteurs mettent en avant les signes de cette dérive.
Si certaines pages un peu "people" pourront paraître
à certains lecteurs un peu inutiles (description de repas fastueux
dans le bordelais), Denis Saverot et Benoist Simmat abordent par ailleurs
bon nombre de sujets : les excès de la lutte contre l’alcoolisme,
la diabolisation du plaisir, les dégustations des primeurs
bordelais, les classements et leurs révisions, l’influence
de Robert Parker et des autres critiques, l’uniformisation du
goût, le fonctionnement du marché gris des très
grands crus.
Sur tous ces sujets, ils apportent une analyse à la fois pertinente
et claire, sans parti pris polémiste trop marqué. In
Vino Satanas est ainsi un livre particulièrement intéressant
pour l’amateur de vins. Il donne une bonne vision de l’état
du marché du vin en France et pose de bonnes questions sur
l’évolution de notre société. |
«
Choses bues » de Jacques Dupont
Editions Grasset 2008, broché 306 p, 18,50
€
Jacques Dupont est un dégustateur/chroniqueur bien connu
des amateurs de vins. Ses écrits dans l’hebdomadaire
Le Point sont toujours parmi les plus intéressants
qui soient ; personnellement, je ne rate jamais ses numéros
spéciaux, toujours passionnants.
Choses Bues est un livre assez personnel où il nous
raconte son étroite relation au vin. Celle-ci débute
par son attirance pour les arômes pour se prolonger avec les
rencontres et les personnes qu’il a côtoyées et
qui l’ont marqué. Ces émotions, ils nous les fait
partager et par la même l’essence de son amour pour le
vin. Son recul, sa vision du monde du vin sont pour nous, amateurs,
particulièrement enrichissants car sa vision paraît toujours
s’être re-concentrée sur l’essentiel.
Jacques Dupont a toujours été quelqu’un qui n’hésite
pas à sortir des entiers battus et son livre est à son
image, c'est-à-dire loin de tout formatage. Choses Bues
n’est pas un livre pamphlet de plus qui dénonce la dérive
du monde du vin et avance toute une série de remèdes
; non, c’est un livre très authentique dans lequel on
se laisse glisser avec plaisir.
Un vrai livre d’amateur de vin…
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«
C'est du vin... et alors? - Dico incorrect du Vin » de Roland
Lecarpentier
Editions Timée-Editions 2008, broché
208 p, 17 €
Roland Lecarpentier connaît très bien
le monde du vin : il a été entre autres sommelier, caviste,
responsable de clientèle dans une grande marque. Dans son Dico
Incorrect du Vin, il nous livre dans un style très enlevé
ses réflexions et sa vision du vin ; il en profite pour casser
quelques idées reçues. |
 |
En guise d’introduction, il nous raconte avec beaucoup d’humour
ses premiers pas dans le vin en école hôtelière.
Roland Lecarpentier a incontestablement un style et des talents de
conteur, son récit (hélas trop court) est à la
fois très amusant mais surtout édifiant…!
Ensuite, l’essentiel du livre se présente comme un petit
dictionnaire, mais cette forme est surtout un prétexte pour
aborder le maximum de sujets différents. Donc pas définition
scolaire mais des réflexions, des analyses agrémentées
ici et là de jolis jeux de mots et de nombreux traits d’humour.
Avec C’est du vin et alors ? Roland Carpentier nous prouve
que le vin, ça n’est pas triste mais au-delà de
l’humour, le fond est très intéressant car l’auteur
possède une vision claire du monde du vin ; il a des prises
de position nettes (que, personnellement, je partage pour la grande
majorité, soit-dit en passant). |
Très facile et plaisant à lire, c’est
un livre que je recommande à tous les amateurs de (bons) vins. |
«
Mondialisation des vins » de Jean Clavel
Editions Féret 2008, broché 190 p,
19 €
Jean Clavel est une personnalité bien connue
dans le monde du vin : vigneron du Domaine Clavel, il a aussi assuré
la direction du Syndicat des Coteaux du Languedoc pendant 17 ans,
jusqu’en 1993, puis d’un syndicat communal jusqu’en
2003. Du fait de sa connaissance des instances générales
et sa bonne maîtrise des différents concepts, son regard
sur le monde du vin est des plus intéressants. |
 |
Il nous propose ici un certain éclairage sur l’évolution
actuelle du monde du vin, une évolution marquée par
la mondialisation des échanges alors que la viticulture française
reste toujours ancrée dans une structure de type familiale.
La situation viticole mondiale, européenne, française
est très complexe et son ouvrage aide à avoir une vision
un peu plus claire de ses composantes et des obstacles à son
adaptation.
Jean Clavel part du contexte mondial pour se concentrer ensuite sur
l’Europe puis sur la France. Il nous livre à la fois
une analyse de l’état des lieux et des voies de réforme
pour ne pas subir une évolution qui ferait disparaître
la qualité de la production viticole française.
Ecrit de l’intérieur par un homme de conviction, son
ouvrage est un livre engagé dont la lecture est éclairante
: elle aide à se frayer un chemin dans la complexité
de la situation actuelle. Mondialisation des Vins intéressera
en premier tous les professionnels du vin bien entendu, mais aussi
les amateurs qui cherchent à avoir une vision large et complète
du monde du vin. |
Voir le site internet
de l'éditeur |
«
L'inconnu de Bordeaux » de Roland Feredj
Editions Féret 2008, broché 64 p,
12,50 €
Après O.P.A.
sur la Viticulture, Roland Feredj nous propose un court essai
sur le milieu professionnel du vin à Bordeaux et son environnement
politique local. Après avoir souligné les atouts du
secteur du vin à Bordeaux, il met en relief les éléments
économiques et sociaux qui influent sur son évolution,
le poids de la presse locale, le manque de vision des décideurs
politiques bordelais sur la filière du vin.
Ecrit peu avant les élections municipales et cantonales de
mars 2008, son texte acquiert donc une résonance toute particulière
mais sa portée dépasse ce simple cadre temporel et géographique
: Bordeaux est, avec la Champagne, la région de France où
le vin tient la plus grande place dans le tissu économique
régional et l'exemple bordelais est sans aucun doute emblématique.
Lire aussi du même auteur : O.P.A.
sur la Viticulture - Voir le site
internet de l'éditeur |
 |
«
Le goût et le pouvoir » de Jonathan Nossiter
Editions Grasset 2007, broché 412 p, 19,50
€
Jonathan Nossiter est, comme chacun sait, le réalisateur
de Mondovino, film qui
eut l’effet d’une véritable tornade dans le monde
du vin, occasionnant des réactions souvent très vives
et tranchées de nombreux professionnels et amateurs. Le
Goût et le Pouvoir est un livre plus personnel où
il expose sa conception du vin et en profite pour régler quelques
comptes au passage. |
 |
Le livre débute sur un registre assez anecdotique avec
de nombreux apartés (sur le cinéma notamment, ce qui
n’est pas inintéressant d’ailleurs), il raconte
comment il a piégé son caviste favori, ses déceptions
dans quelques restaurants parisiens à la mode, etc... Le ton
est léger mais le discours reste, il faut bien l'avouer, au
niveau de l'anodin. Il entre plus dans le vif du sujet à partir
du milieu de l’ouvrage, nous relatant quelques dégustations
de façon vivante et édifiante, nous permettant de vivre
la rencontre avec quelques vignerons de talent et un grand sommelier
(Gérard Margeon, une entrevue assez passionnante).
Ces dégustations et rencontres sont l’occasion pour
Jonathan Nossiter de dire et redire son aversion pour les vins modernes.
Si globalement on ne peut qu’être d’accord avec
lui quand il fustige les vins racoleurs, confiturés et concentrés
à l’extrême, il a tout de même une fâcheuse
tendance à être jusqu’au-boutiste et intransigeant.
On peut aussi regretter qu’il fasse une telle fixation sur Robert
Parker… |
En adoptant un angle d’approche assez original
et en utilisant un ton très libre, Jonathan Nossiter rend son
livre intéressant. Ses prises de position assez radicales nous
fournissent matière à réflexion ce qui, au delà
des polémiques, est assez essentiel. Il s’adresse avant
tout aux amateurs un tant soit peu familiarisés avec le monde
de vin.
Lire aussi : la critique de Mondovino
et celle de Mondovino,
la série |
«
O.P.A. sur la viticulture » de Roland Feredj
Editions Féret 2007, broché 96 p, 18 €
 |
Le monde professionnel viticole, Roland Feredj le connaît
bien : diplômé de la filière, il est également
directeur d’une interprofession de premier plan et maire d’une
commune viticole de l’Entre-Deux-Mers. Avec ce fascicule d’une
petite centaine de pages, il nous offre sa vision de l’organisation
de la profession à l’heure où certaines nouvelles
lois tentent de la réformer, une vision qu'il situe lui-même
« entre fatalité et espoir ».
Avec verve et non sans humour, il décrit l’environnement
de l’économie viticole, les organismes qui la structurent
et les personnes qui l’animent, depuis les fonctionnaires jusqu’aux
journalistes et aux consommateurs. Il analyse les évolutions
en cours, ces réformes qui peuvent constituer un véritable
bouleversement, au premier rang desquelles se trouvent les ODG (Organismes
de Gestion) et les CB (Comité de Bassin). L’auteur reconnaît
les bienfaits que peuvent avoir ces réformes mais au final
y voit un renforcement du contrôle de l’Etat. |
L’intérêt du livre de Roland Feredj
est qu’il parvient à dépasser le stade du pamphlet
pour proposer une analyse assez sereine de la structuration actuelle
du monde viticole et des réformes en cours. C’est assurément
celle d’un homme ancré dans la profession et dont l’attachement
profond au monde viticole est patent au fil des pages. Ce petit livre
intéressera en premier les membres de la profession, bien entendu;
pour un amateur de vins, la lecture peut être un peu plus nébuleuse
par moments mais cette vision d'un grand professionnel se révèle
au final enrichissante. |
«
Le vin sur le divan » de Céline Simonnet-Toussaint
Editions Féret 2006, broché 160 p,
30 €
Docteur en psychologie, Céline Simonnet-Toussaint
se penche dans cet ouvrage sur la perception du vin dans notre société
et, en particulier, par les jeunes adultes. Sous-titrée «
Des représentations sociales aux représentations intimes
», son étude nous montre l'interrelation entre l'image
sociale du vin et les représentations individuelles. |
| Dans la première partie, l’auteur fait une première
approche de la représentation sociale du vin, basant son étude
sur des interviews de jeunes adultes. Elle nous permet d’entrevoir
les différentes facettes, et aussi la puissance, de la représentation
collective du vin, cette force qui permet d'en gommer les images dépréciatives
(accident, alcoolisme, exclusion sociale) car les connotations positives
(joie, harmonie sociale, identité) sont bien plus prégnantes.
La seconde partie de l’ouvrage replace le vin dans une dimension
plus individuelle, essentiellement dans le cadre de la famille et
de sa représentation. Le rôle et la place du père
constituent bien entendu le pivot autour duquel s’articulent
nos comportements face au vin. Là encore, Cécile Simonnet-Toussaint
s’appuie sur des entretiens, plus poussés cette fois,
avec de jeunes adultes. Le fait de se concentrer sur des jeunes adultes
permet de mieux cerner certaines relations. |
 |
Puisque, comme on le sait, il existe actuellement une
réelle problématique du marché du vin, notamment
sur les 20-30 ans, il ne fait nul doute que ce livre intéressa
les professionnels de la communication. Mais il est aussi très
intéressant pour un simple amateur, car il nous permet de mieux
comprendre notre comportement et aussi d’appréhender
l’importance du rôle social du vin, sujet assez fascinant
du fait de l'ampleur de la portée de ce rôle dans notre
société occidentale. |
«
Le corps fabuleux du vin » de François Huglo
Editions des Vanneaux 2005, broché 45 p,
10 €
François Huglo est un oenologue poète, ancien journaliste
lillois devenu ouvrier agricole dans le bordelais avant d'étudier
la viticulture et l'oenologie.
Ce petit fascicule de 45 pages regroupe certains de ses textes sur
le vin, écrits sur une quinzaine d'années. Ce sont des
textes courts, variations poétiques autour de la dégustation
du vin et de l'éveil des sens qu'il procure mais aussi sur
la vigne ou même la vinification.
Ces textes sont à lire de la même façon que l'on
déguste un vin, c'est à dire doucement, par petites
gorgées, en se laissant doucement guider par la musique des
mots et des images qu'ils engendrent. Ce sont de très beaux
textes, souvent empreints d'une grande délicatesse.
Pour en savoir plus : voir le site
internet de l'éditeur. |
 |
«
Petite philosophie de l'amateur de vin » de Thierry Tahon
Editions Milan 2005, collection Pause Philo, broché
206 p, 15 €
 |
Thierry Tahon est professeur de philosophie dans un lycée
de la côte basque. Tenter de comprendre en quoi consiste la
passion du vin, voilà d’après l’auteur lui-même
l’ambition de ce livre paru dans la collection Pause Philo :
« La philosophie ne peut prendre son sens que si on l’applique
aux défis du quotidien. »
L’auteur s’applique ainsi à démonter nos
mécanismes de pensées et de comportement en empruntant
trois grands axes de réflexion : « Déguster »
en prenant l’exemple de la préparation d’une dégustation
entre amis oenophiles, « S’enivrer » illustré
d’une beuverie lors d’un salon du vin, une partie plus
sur l’ivresse proprement dite et donc s’appliquant un
peu moins à l’amateur de vin (et qui, soit dit en passant
ne donne pas franchement envie de se rendre au salon en question…)
et enfin « Rêver », une partie où Thierry
Tahon aborde plusieurs sujets et angles de vue, allant du vin comme
élément pour briller en société jusqu’à
ses réflexions sur le film Mondovino. |
Ce livre est très abordable, il se lit facilement.
Il présente l’intérêt de nous proposer de
prendre du recul, ce que toute passion empêche bien souvent
de pouvoir faire. J’ai quelquefois regretté que l’auteur
n’approfondisse pas plus encore une certaine voie ou une autre,
mais c’est après tout le propos de ce livre, de nous
proposer des thèmes de réflexion que l’on peut
poursuivre à loisir. |
«
Slow Food : Manifeste pour le goût et la biodiversité »
de Carlo Petrini
Editions Yves Michel 2005, broché 210 p,
14,50 €
L’association Slow-Food a été fondée
en 1989 par l’italien Carlo Petrini en réaction à
l’expansion du fast-food dans notre mode de vie actuel. Plutôt
que de se définir ou se manifester dans la réfutation
et l’opposition aux aliments uniformisés et industrialisés,
l’association a choisi de chercher à mettre en avant
en avant la notion de « goût » et de soutenir les
initiatives qui vont en ce sens. C’est cette philosophie que
nous expose ce « Manifeste pour le goût et la biodiversité »,
écrit par le fondateur de cette association devenue maintenant
un mouvement.
Après un rapide historique de la naissance de l’association
Slow-Food, Carlo Petrini enchaîne tout de suite sur l’importance
de préserver la notion de terroir et surtout de conserver la
diversité. Mise à mal par l’uniformisation engendrée
par notre mode de vie et les canaux de distribution standardisés,
c’est cette diversité qui est effectivement la meilleure
garante du goût. Dans les chapitres suivants, l’auteur
expose les initiatives prises par l’association pour relancer
l’éducation du goût. |
 |
Que vous vouliez mieux connaître Slow-Food ou,
simplement, que vous soyiez un tant soit peu préoccupé
par l'évolution de nos modes d'alimentation, vous trouverez
certainement ce livre intéressant à lire. L’uniformisation
des goûts et des produits est bien le danger principal qui plane
sur notre alimentation en général et aussi, sur le domaine
des vins en particulier.
Pour en savoir plus : Site internet de Slow-Food
France - de Slow-Food
Italie |
«
Pourriture Noble - Révolution dans les vins de Bordeaux »
de William Echikson - Editions Grasset 2005, broché
426 p, 19,50 €
William Echikson est un journaliste américain
en poste à Bruxelles, spécialisé dans le vin
et la gastronomie. Dans ce livre, il nous présente les grands
moments ou les affaires qui ont marqué le monde bordelais du
vin ces dernières années et par là même,
nous expose sa vision du marché actuel du vin de Bordeaux. |
 |
Débutant assez classiquement par la sortie en primeur du
millésime 2000, William Echikson enchaîne nombre de sujets
très actuels ou qui ont marqué l'histoire des vins de
Bordeaux : le rôle des courtiers (essentiellement Jeffrey Davies),
celui de Parker, de Michel Rolland, les vins de garage, Philippe de
Rothschild, la bataille juridique autour d'Yquem, etc... L'auteur
nous fait vivre ces évènements de l'intérieur,
récits visiblement issus de nombreuses interviews (du moins
on l'espère...).
La vision de William Echikson est intéressante dans le sens
où il apporte un regard extérieur car bien que connaissant
parfaitement la France, il conserve sa culture anglo-saxonne. Sa vision
est essentiellement moderniste, sorte de pendant à Mondovino
(souvent excessif dans l'autre sens...), une vision non dénuée
de parti-pris. Sa vision est aussi très centrée sur
le marché américain, mais il faut garder à l'esprit
que ce livre a été initialement édité
aux Etats-Unis. Il s'agit ici d'une traduction. |
Mais que l'on adhère ou pas totalement à
cette vision (personnellement, je n'y adhère pas), le livre
reste très intéressant à lire : c'est un récit
vivant et remarquablement écrit. Au final, il nous donne un
état des lieux vu d'un oeil plutôt moderniste et extérieur,
et permet à nous, amateurs, de mieux comprendre les tenants
et aboutissants des changements qui s'opèrent dans le monde
actuel du vin et les alternatives qui s'offrent à leurs différents
acteurs. |
«
La Critique Vinicole en France » de Jean-Luc Fernandez
Editions l'Harmattan 2004, broché 252 p,
21,50 €
| Tiré d'une thèse de sociologie soutenue en décembre
2000, cet ouvrage s'articule en 4 grands volets. Tout d'abord, l'auteur
se penche sur l'histoire de la critique vinicole en France, mettant
bien l'accent sur son caractère récent, et étudie
la construction de sa légitimité.
Jean-Luc Fernandez analyse ensuite l'impact de la critique vinicole
sur un type d'amateur (l'amateur qui fréquente les clubs de
dégustation et recherche les "grands vins") et sur
les cavistes. Dans le troisième chapitre, les différentes
attitudes et stratégies des vignerons sont étudiées
sur l'exemple de la Bourgogne et l'auteur termine par un rappel de
l'évolution de la culture oenophile au cours des deux siècles
derniers.
Après une introduction très académique, le livre
se révèle facile à lire. Même si elle nous
offre une vision plutôt magnifiée, cette analyse de la
place que la critique vinicole a réussi à prendre dans
la profession (en seulement quelque 20 années) est assez unique.
Elle intéressera non seulement les différents acteurs
de la profession, mais aussi les amateurs soucieux de mieux en appréhender
le fonctionnement. |
 |
«
Le monde du vin a-t-il perdu la raison? » par Guy Renvoisé
Editions du Rouergue 2004, broché 380p,
29 €
 |
Reprenant le schéma de son livre précédent
« Le Monde du Vin: Art of Bluff » sorti dix
ans plus tôt, Guy Renvoisé part en guerre contre toutes
les pratiques et usages qu'il juge injustifiés. Et rien ni
personne n'est épargné...
Pratiques culturales, vinification, commercialisation, Guy Renvoisé
tape sur tout ce qui bouge, et il y a certes des moments où
l'on a envie d'applaudir des deux mains. Cependant, au fil des pages,
on finit par s'interroger devant l'absence totale du moindre élément
positif, du moindre rayon de soleil dans ce tableau sinistre.
Il faut attendre la seconde partie du livre, où l'auteur passe
en revue les différentes régions viticoles françaises,
pour percevoir tout son intérêt pour le monde du vin
et notamment sa grande connaissance de la Bourgogne. Toutes les appellations
françaises sont passées en revue, avec les noms des
(quelques!) vignerons dignes d'intérêt selon lui. Cette
partie m'a semblé intéressante, même si les jugements
sont extrêmement tranchés... |
Ce n'est certainement pas le livre idéal à
offrir à une personne attiré par le monde du vin, car
ce portrait très noir peut agir comme un repoussoir. Le désenchantement
de l'auteur est nettement perceptible. Cependant, même s'il
s'y prend de façon rude, expéditive et sans nuance,
Guy Renvoisé dit tout de même certaines choses qu'il
est bon de dire. Dans une courte conclusion, il se défend par
avance de son acrimonie en citant l'adage "qui aime bien, châtie
bien". |
«
Le Vin en Fêtes - de Dionysos à saint Vincent » de
Marc Lagrange
Editions Féret 2003, broché 192 p,
16 €
Marc Lagrange nous invite à nous pencher sur les cérémonies
rituelles basées autour du vin. Sa première approche,
historique, s'articule en trois volets:
- La Grèce antique, qui voit les premières manifestations
du culte du vin, réservé à Dyonisos.
- L'époque romaine, plus troublante avec ses bacchanales, déviantes
et un peu terrifiantes.
- Et enfin, le culte plus récent autour de Saint-Vincent. L'auteur
évoque l'épouvantable martyre de Saint Vincent (IVè
siècle) et le culte qui s'est développé autour
de ses reliques, qui ont suivi un parcours mouvementé. Il termine
par les différentes explications possibles au fait qu'il ait
été choisi comme saint patron de la vigne et du vin. |
 |
Toute la seconde moitié du livre est consacrée
à la description des cérémonies actuelles, avec
bien entendu au premier rang les fêtes de la Saint-Vincent du
sud de la Bourgogne. Une centaine de confréries sont ensuite
passées en revue, département par département.
Personnellement, j'ai plus apprécié le côté
historique, bien documenté (le texte abuse même un peu
des notes de bas de page), mais il ne fait nul doute que ce livre
séduira également les amateurs de confréries
et de cérémonies bachiques. |
«
Dégustation du vin à travers la littérature française»
de Kazuo Ogoura
Editions Mémoires et Documents 2003, broché
130 p, 19 €
 |
Ancien ambassadeur du Japon en France, Kazuo Ogoura s'est passionné
pour le vin et la civilisation française. Il a recherché
dans les grands écrits romanesques du XIXè et du XXè
les évocations du vin, non pas pour en dresser un simple catalogue,
mais pour mieux étudier la place du vin dans notre société.
L'auteur, on le voit rapidement, a choisi avec soin les extraits
qu'il commente: les mentions du vin dans ces passages ne sont jamais
anecdotiques. Non, elles ont une portée sociologique certaine
ou une force poétique évocatrice. Kazuo Ogoura ajoute
ses commentaires après chaque extrait, nous donnant des clefs
pour prendre du recul et mieux comprendre le contexte social.
Voilà un essai assez passionnant à lire, que ce soit
pour sa valeur historique et sociale ou pour retrouver certains des
plus beaux écrits sur le vin. |
«
La Bouillie Bordelaise » de Bernard Ginestet
Editions Flammarion 1975, broché 241 p,
10 €
Le récent décès de Bernard Ginestet
m'a poussé à lire ce livre dont j'ai tant entendu parler,
en me posant cette question « Comment ce livre qui fut une petite
bombe à l'époque de sa sortie peut-il être perçu
aujourd'hui ? ». |
| Le ton est donné dès le titre lui-même, un
jeu de mots savoureux : la bouillie bordelaise est une préparation
à base de sulfate de cuivre et il se trouve que, jusqu'au XIXè
siècle, on désignait les sulfates sous le terme de «
vitriol ». Bernard Ginestet porte donc son regard sur la profession,
et ne va pas hésiter à asperger certains de vitriol.
Rappelons qu'à cette époque, il était à
la tête de Château Margaux.
Certains passages sont étonnamment actuels : il nous parle
de la montée excessive du prix des Bordeaux, de millésimes
annoncés comme étant quasiment "du siècle"
qui se révèlent bien fades deux années plus tard,
de pratiques douteuses de coupages ou de substitutions (assez ironiquement,
le dernier scandale de ce type aujourd'hui met indirectement en cause
une maison de négoce qui porte son nom), et aussi des buveurs
d'étiquette. |
 |
Pourtant, le côté "pamphlet"
a quelque peu vieilli : tant de livres ont été écrits
depuis, tant de pratiques douteuses ont été révélées
que ces écrits ne peuvent avoir le même effet explosif
aujourd'hui.
Je dois avouer avoir pris un peu moins de plaisir à lire ce
livre que je ne l'escomptais : autant, Bernard Ginestet est excellent
par moments pour narrer certaines anecdotes dans un style truculent,
autant on a parfois l'impression qu'il étire son texte. Néanmoins,
ce livre a pris un aspect historique maintenant et ne serait-ce que
dans cette optique, il reste recommandable. |
«
Du Vin » par Claude Fischler
Editions Odile Jacob 1999, broché 208 p,
14 €
 |
Plusieurs sujets concernant le vin sont abordés, sans obligatoirement
de liens entre eux, et cet assemblage évoque un peu une discussion
à bâtons rompus.
Personnellement j'attendais d'un sociologue qu'il porte un regard
un peu plus pointu sur nous autres, amateurs (et consommateurs) de
vins, et aussi sur le monde du vin en général. C'est
un sujet en effet assez riche... avec toute une palette de comportements,
de motivations variées. |