La Dordogne vue des fenêtres des Vignobles Denis
Barraud
(Cliquez sur les images pour les voir en gros plan)
De
son bureau à Branne, Denis Barraud peut contempler
la Dordogne qui s’écoule lentement et majestueusement sous
ses fenêtres. Sous ses pieds, un étage plus bas, c'est
encore plus lentement que son vin évolue dans la pénombre
d'un chai rempli de barriques.
Les
vignes dont ce vin est issu sont situées de l’autre côté
du fleuve, là où commence l’un des plus beaux
terroirs du bordelais, Saint-Émilion
dont on peut apercevoir au loin le clocher qui découpe le ciel
de sa silhouette caractéristique.
Le
domaine a été mis sur pied par Pierre-Henry Descrambes,
le grand-père de Denis Barraud. Il compte aujourd’hui 36
ha, dont 7 en appellation saint-émilion
et 29 en appellation bordeaux, ces derniers étant
situés sur une large bande de terre jouxtant la Dordogne qui
était autrefois classée en appellation saint-émilion.
Il
suffit de parler quelques minutes avec Denis Barraud pour mesurer la
passion qui l’anime et ce désir de recherche
de la perfection. C’est pour cela qu’il
choisira systématiquement les méthodes qui lui permettront
d’accroître la qualité. Les vignes, qui sont en enherbement
total depuis plusieurs années, sont parfaitement suivies
et contrôlées : effeuillage, éclaircissage, épamprage.
La vendange est triée, égrappée et légèrement
foulée. Les fermentations sont longues et Denis Barraud cherche
à privilégier la macération post-fermentaire.

Cuves en bois utilisées pour
la fermentation de Lynsolence
Les barriques sont posées sur d'astucieux
supports dotés de roulettes qui permettent
de remettre facilement les lies en suspension.
Le second chai de vieillissement
Lynsolence
est la cuvée haut de gamme de Denis Barraud, une micro-cuvée
100% merlot de saint-émilion grand cru qu’il a créée
en 1997 à partir d’une vigne de 2,5 ha, un beau
terroir de sols sablo graveleux avec du crasse de fer en sous-sol.
Les rendements sont très faibles,
25 hl/ha et donc seulement 8000 bouteilles sont produites. Lynsolence
est particulièrement bien noté par les critiques, tant
et si bien qu’il n’est pas toujours facile de s’en
procurer. Chaque printemps, les primeurs ne restent d’ailleurs
sur le marché que quelques minutes.
A
la dégustation, Lynsolence présente une
profondeur et une concentration remarquable. C’est un vin superbe
qui se hisse au niveau des grands noms de l’appellation. L’élevage
est ambitieux, il demandera quelques années pour atteindre son
apogée et pour que le boisé se fonde.
Mais,
le vin qui m’a presque le plus étonné, c’est
le Château Les Gravières, que je ne connaissais
pas, un très beau saint-émilion grand cru qui allie puissance
et pureté. Sa matière est essentiellement
fruitée, mais avec une noblesse certaine. Ce Château Les
Gravières est lui aussi un vin 100% merlot, les rendements sont
volontairement faibles (40 hl/ha), l’élevage est long et
le vin est ni collé ni filtré.
En
entrée de gamme, le Château de la Cour d’Argent
est en appellation bordeaux (ces fameuses vignes qui étaient
autrefois classées en saint-émilion). C’est vraiment
un excellent vin, d’une qualité que l’on n’a
pas l’habitude de trouver dans cette gamme de prix. Egalement
100% merlot, il est vinifié partiellement ou totalement en barriques
selon les années. Les derniers millésimes (que j’ai
goûtés sur place) m’ont paru fort bien faits et plus
qu’intéressants et le 2001 (goûté quelques
jours plus tard) m’a, je dois bien le dire, assez époustouflé.
Le
Château de la Cour d’Argent est maintenant complété
par un autre bordeaux, " De Lyne ", en rouge
et en bordeaux clairet, un rosé issu d’une saignée,
vineux et délicieux à souhait.
Remi Loisel, juillet 2005
Voir aussi:
- les commentaires de dégustation
des vins, bouteilles que j’ai achetées sur place
- le site internet de Denis Barraud
Au premier plan : vignes en appellation bordeaux. Plus loin : le vignoble de Saint-Emilion dont on aperçoit le clocher.